Cet été, au camping, j’ai eu vue sur la mer.
Cet été, au camping, j’ai eu vue sur l’après.
Cette petite fille, de l’emplacement d’à coté.
Une princesse vêtue de rose et de paillettes,
Des grands yeux emplis de malice et un sourire plein de vie.
L’enfance a ça de bon, deux petits mots et trois sourires
plus tard, la confiance était là et j’ai passé de nombreux et très jolis
moments.
Lilou, 4ans, m’a fait une place dans son monde pour quelques
jours et m’a fait chavirer le cœur.
Nous, couple usés par la souffrance de l’amp, par l’absence.
Et elle avec ses petits jeux, ses dessins, ses bouquets de
fleurs.
Nous, se demandant doucement comment serait la vie sans
enfant et combien nous emprunterions de chemin pour te faire venir, malgré
tout.
Eux trois, Lilou et ses parents, cet amour inconditionnel,
ces couleurs de peaux différentes pour une vie familiale de l’extérieur si
banale.
Aucun mot, ni même allusions sur nos parcours et pourtant,
la quasi certitude que mes adieux difficiles avec leur enfant, ce merci et ce
sourire échangé avec la maman étaient comme un « je sais » murmuré de
sa part.
C’est un fait depuis quelques semaines/mois, nous commençons
à nous interroger sur l’adoption et cette petite fille là est arrivée au moment
même où j’en avais besoin.
Nous n’en sommes pas là et l’amp n’est pas finie (et n’étant
ni marié, ni tout les deux âgés de 28ans nous ne pouvons y prétendre) mais je crois que j’avais besoin de voir, de
savoir que nous regardions dans la même direction.
Que le temps et les échecs, nous emmènent, tout les deux, à
continuer de rêver.
D’être sure, que peut importe le chemin, un enfant nous
attend quelque part…
Nous avançons, j’ose espérer que nous nous rapprochons de
toi.
Paradoxalement, j’ai de plus en plus de mal à me confier.
Je réponds de plus en facilement aux « attaques »
mais garde pour moi mes sentiments profonds.
Je ne cherche plus à mettre les autres au courant, je fais
mon chemin.
Si on veut savoir, on me demande, je n’ai pas de gène
vis-à-vis de notre parcours mais le besoin de m’épancher « dans le
vide » n’y est plus.
Peut être que j’ai été plus blessée que je le pensais, que
quand on confie des pensées dures et profondes aux proches, on espère tellement
plus que des réponses « banales »
Peut être qu’avec le temps j’ai réussi à m’apaiser et que,
pour moi, les tentatives/sentiments se ressemblent et que j’attends la suite.
En attendant je lis plus que j’écris
En attendant j’ai bien du mal à l’oublier, cette petite
fille là…