29 oct. 2013

Deux bulles, pour couver...

Lundi 21 octobre, la biologiste nous informe (sur les 19, 2 ont d’emblée été congelés à J3) que sur les 17 embryons mis en culture prolongée, 4 sont toujours là.

3 sont en forme, 1 moins.
Nous verrons sur place, comment je vais, si le transfert est possible et surtout s'il est possible de se mettre d'accord avec l'équipe.

Contre toute attente, nous n'avons plus droit au discours moralisateur sur notre âge, ni sur les précédentes grossesses qui sont pour eux des facteurs positifs. Là ou on nous avait tant refréné, nous voici d'accord avec l'équipe.
Il semblerait que la perte de tous ces embryons en culture, mes 3 débuts de rêve écourtés, nos 3ans d'essais commencent à faire que de notre dossier est moins "facile" que prévu...

Alors après l'écho de mes ovaires, énormes, mais mon bon état général (qui a semblé étonner l'équipe qui ne s’attendait pas à me voir si en forme)  et malgré que ce soit des blastocystes, nous décidons d'en transférer deux.

Le plus fort et celui qui l'est moins.
Peut être qu'il sera plus fort, là, au creux de moi ou alors il s’éteindra mais il sera ou il faut.

Main dans la main, nous avons cessé de nous chamailler pour tout, pour rien et nous avons savouré d'en être arrivés là. Nous deux et nos deux bulles si précieuses...


Aujourd'hui je suis à 13 dpo et hier après 7 jours de repos, de douceur, de larmes, de rire, d'angoisse et d'espoir l'heure était venue.

Pas de test de grossesse, nous en avons trop fait.
Une prise de sang, quelques heures d'attente et un coup de fil à deux, sur haut parleur pour ne pas être celui qui attend ou celui qui annonce.

Il y a eu quelques appels avant d'avoir ces résultats, quelques battements de coeur ratés en attendant la réponse, et puis la voix toute douce de la secrétaire qui nous dis

"oui je les ai vu, ils sont là, attendez je cherche"

...

"72ui!"


Hier, 12 DPO, c'est positif, c'est beau, c'est doux et c'est une étape de plus.





Prochaine PDS demain...





20 oct. 2013

Une bulle, pour avancer.

J'ai fui.
Bien incapable d'écrire, de penser, et même de voir que ça y est nous repartions.
J'aime à penser que dans quelques jours tu t'installeras en moi, pour notre plus grand bonheur.
J'ai eu besoin de me mettre dans une bulle. Au calme



Ma bulle, celle du blocage, de la stimulation, de la ponction, de cette fiv qui je savais, serait éprouvante.

Le traitement a été stable mais mes ovaires ont été réactifs, à chaque contrôle, plus de follicules, plus de bleus, plus de questions, les taux qui grimpent, l'escalade mais l'agréable sensation d'être suivie d'un bloc par l'équipe de l’hôpital et mon gynéco qui ont permis la suite.


11 jours de gonal et déca, ovitrelle dans la foulée et une ponction le 16/10.
Celle ci fut douloureuse.
Je ne m'explique pas complétement pourquoi ce besoin mais j'ai encore choisi l'anesthésie locale.
Je suis tombée, pour la première fois, sur une équipe complétement féminine (gynéco, anesthésiste, infirmières)  d'une douceur qui m'a bouleversée et qui a compris ce besoin d'être là pour aller "chercher mes petits"

Conscientes de mon besoin de participer, elles ont répondu à mon humour et puis quand la ponction a commencé, elles ont eu la gentilesse de me mettre un écran pour suivre l'aiguille et gérer la douleur.
Mes ovaires étant énormes et elles ont décidés au bout de 10min d'intervention de m'endormir complétement tant pour elles c'était "de la boucherie"
J'ai pleuré, vécu ca comme un échec, eu peur que cette fois mes ovaires ayant trop produits, je ne puisse bénéficier d'un transfert de suite. Peur de rater cette étape si importante...



Ces femmes formidables ont ponctionnés 26 ovocytes et la gynéco m'a mise de suite sous traitement pour hyperstimulation ovarienne. Je me pique donc encore à ce jour et suis à la lettre ce traitement, cachets, pds mais nous n'avions pas espéré tant!

Depuis nous avons des nouvelles un jour sur deux, le transfert ne s'est pas fait à J3 car je dois me reposer au maximum, au moindre doute le transfert sera repoussé, mais chaque coup de fil nous a apporté un grand bonheur et nous sommes pour le moment conscient de la chance qu'on a.

A J1, sur les 20 ovocytes fécondés, nous comptions 15 embryons.
A J3, ils étaient 19...

Nous sommes encore abasourdis, par ce nombre, heureux de voir que je me remets plutôt bien de tout cela.

Désormais, nous attendons demain, ce J5 pour savoir combien ont tenu car si 5 étaient magnifiques, le reste semblait moyen.
Les biologistes ont d’emblée décidés de congeler deux petits J3 et demain, nous espérons, une jolie suite s'écrira...




20 sept. 2013

Hey bébé...


Les mots sont comme ma peine,
Ils sont enfouis, aussi profondément que possible.
Et parfois, je me lève comme dans un brouillard épais, avec pour seule vision ce grand vide que tu laisses en n’étant pas là.

Tous ce temps passé, où tu nous as laissés croire par trois fois que tu serais bientôt là.
Tous ces mois passés, il nous a fallu surmonter les déceptions, les échecs, les grandes douleurs.
Ces années passées où tu nous as finalement appris à t’attendre.

J’ai appris.
A combattre la douleur,
A atténuer la peur,
A souffrir en silence,
A faire taire l’absence,

La plupart du temps, maintenant, j’y arrive.
Est-ce lié avec la décision de moins en parler, à mon caractère, au bloc que l’on forme avec a moitié ?? Peut être juste le temps…

Mais quand le réveil à sonné ce matin, le brouillard était là.
J’ai laissé s’échapper ce rêve de poupon, bébé glouton au biberon, entre nous deux, heureux.
J’ai pleuré, furtivement, ce rêve que je ne fais plus depuis longtemps, où je te porte dans mon ventre, celui ou je t’imagine, ou je te sens, ou je t’allaite si heureuse à ta naissance…
Même dans mes rêves tout à changé, mon corps ne te porte plus, mon corps ne te nourris plus.

J’ai changé…
Comme si ces trois ans où rien n’est allé comme nous l’avions décidé en arrêtant cette contraception m’avait montré où était l’important, le futile, la souffrance véritable et tout le surmontable.
J’ai changé, énormément mais comment lutter autrement qu’en se protégeant.

Je le sais, certaines le voient.
Mais je souffre un peu moins, la plupart du temps, et c’est bien le plus important.

9 sept. 2013

Cette petite fille là.


Cet été, au camping, j’ai eu vue sur la mer.
Cet été, au camping, j’ai eu vue sur l’après.

Cette petite fille, de l’emplacement d’à coté.
Une princesse vêtue de rose et de paillettes,
Des grands yeux emplis de malice et un sourire plein de vie.

L’enfance a ça de bon, deux petits mots et trois sourires plus tard, la confiance était là et j’ai passé de nombreux et très jolis moments.
Lilou, 4ans, m’a fait une place dans son monde pour quelques jours et m’a fait chavirer le cœur.

Nous, couple usés par la souffrance de l’amp, par l’absence.
Et elle avec ses petits jeux, ses dessins, ses bouquets de fleurs.
Nous, se demandant doucement comment serait la vie sans enfant et combien nous emprunterions de chemin pour te faire venir, malgré tout.
Eux trois, Lilou et ses parents, cet amour inconditionnel, ces couleurs de peaux différentes pour une vie familiale de l’extérieur si banale.

Aucun mot, ni même allusions sur nos parcours et pourtant, la quasi certitude que mes adieux difficiles avec leur enfant, ce merci et ce sourire échangé avec la maman étaient comme un « je sais » murmuré de sa part.


C’est un fait depuis quelques semaines/mois, nous commençons à nous interroger sur l’adoption et cette petite fille là est arrivée au moment même où j’en avais besoin.
Nous n’en sommes pas là et l’amp n’est pas finie (et n’étant ni marié, ni tout les deux âgés de 28ans nous ne pouvons y prétendre)  mais je crois que j’avais besoin de voir, de savoir que nous regardions dans la même direction.
Que le temps et les échecs, nous emmènent, tout les deux, à continuer de rêver.
D’être sure, que peut importe le chemin, un enfant nous attend quelque part…


Nous avançons, j’ose espérer que nous nous rapprochons de toi.
Paradoxalement, j’ai de plus en plus de mal à me confier.
Je réponds de plus en facilement aux « attaques » mais garde pour moi mes sentiments profonds.
Je ne cherche plus à mettre les autres au courant, je fais mon chemin.
Si on veut savoir, on me demande, je n’ai pas de gène vis-à-vis de notre parcours mais le besoin de m’épancher « dans le vide » n’y est plus.

Peut être que j’ai été plus blessée que je le pensais, que quand on confie des pensées dures et profondes aux proches, on espère tellement plus que des réponses « banales »

Peut être qu’avec le temps j’ai réussi à m’apaiser et que, pour moi, les tentatives/sentiments se ressemblent et que j’attends la suite.

En attendant je lis plus que j’écris
En attendant j’ai bien du mal à l’oublier, cette petite fille là…

22 août 2013

L'été-guérison...


J’ai mis du rire dans mes larmes
J’ai mis du bonheur dans mes malheurs
J’ai mis du passé et du futur dans mon présent.
J’ai vécu chaque instant.



Un mois.
Pari tenu.

Un mois de vie, de rires, de rosé pamplemousse.
Quelques semaines d’insouciance, de longues ou très courtes nuits, de cigarettes au coin du feu.
De longs jours à partager avec mes plus proches, mes murs porteurs, mes racines.
Mes plus belles vacances à deux, des intenses vacances entre amis, de doux moments en famille.

J’ai plongé dans l’âme de ma moitié, j’ai admiré combien il m’aimait et combien nous partagions rêves et projets.
J’ai profité de mes parents, j’ai pris le large avec ma sœur.
J’ai été l’enfant, la grande sœur.
J’ai laissé mes trois plus précieuses amies s’approcher au plus près de mon cœur abimé pour m’apercevoir qu’elles ne faisaient que panser mes blessures.
J’ai tendu la main à mon filleul, le jour de son baptême et j’ai savouré notre complicité quand il s’est jeté dans mes bras.



J’ai été moi, au plus près, sans ce vide de toi ou enfoui au plus profond de moi.
J’ai été moi dans mes instants de douleurs, avec mes cicatrices, avec tout ce TOI que je peux partager avec ces personnes là.

J’ai raconté, j’ai écouté.
J’ai ouvert mon cœur, entendu de jolies confessions.
J’ai reçu tant d’amour que j’en ressors grandie, apaisée et sure de moi.
J’ai avec moi une multitude de souvenirs.
De rires, d’odeurs, de saveurs…
J’avance, je vais dans la bonne direction, je me rapproche de TOI, mais tout le monde ne viendra pas…